Alors qu’on expulse violemment, les pays de destination torturent 19/02/2014

UPDATE 05/03: Elle était ensuite inscrite pour le vol collectif vers Kinshasa le 19/02/2014, mais a raté ce vol car elle était trop malade. Elle  a fini par être expulsée le 24/02. Ce 05/03 elle n’a toujours pas donné de nouvelles à sa maman, restée ici en Belgique, ni à ses amis à Kinshasa. Elle avait dit au CGRA qu’ elle était en danger au Congo, mais ses propos ont été mis en doute. Actuellement, ce 05/03 elle serait dans les cachots des services secrets et personne n’arrive à avoir de ses nouvelles. Plusieurs ONG ont été prévenues, mais personne ne bouge (ou ose bouger?).

Elle a subi sa troisième tentative d’expulsion ce 15 février 2014. Pourtant elle s’opposait à cette expulsion vers la RDC. Attachée à l’arrière de l’avion et ne pouvant pas bouger car maintenue sur son siège par au moins une demi-douzaine d’hommes, policiers de leur état, elle pleurait, épouvantée par cette violence et désespérée de devoir quitter son père malade qu’elle ne reverrait sans doute plus jamais. (gtvo)

“Elle est malmenée, retenue par le bras. Impossible qu’elle bouge. On la menace de lui mettre un coussin pour la calmer”, a indiqué à Belga un passager clairement ulcéré par les méthodes utilisées. Sa voix, lors de cette conversation téléphonique, était presque couverte par des cris. (Belga)

Cet événement choc relayé par la presse ne fait que confirmer les témoignages et appels à l’aide dénoncés depuis des mois par les gens qui se soucient du sort de toutes ces personnes détenues dans des centres pour étrangers et expulsées contre leur volonté avec violences psychologiques et physiques de la part des autorités à tous les niveaux. Que ce soient les très médiatisés Afghans, les Guinéens qui n’osent plus s’exprimer ou les Congolais, peu importe.

Ce 15 février 2014, dans un vol de la compagnie Brussels Airlines la scène, une fois n’est pas coutume, choque les passagers… Pourtant fréquentes, ces scènes de personnes expulsées ne parviennent pas souvent à émouvoir les passagers, certainement pas les pilotes ni les hôtesses et stewards, faut bien faire rentrer les sous à la compagnie qui vous paie, ni tout le personnel qui travaille autour de ces expulsions. Cette fois la personne a crié et pleuré, mais souvent, très souvent et même très très souvent, les personnes sont amorphes, tranquilles carrément … “tranquillisées”. En effet, la veille d’une expulsion, faisant fi des délais d’information, la cible désignée est placée en isolement parfois sans ses bien et y reçoit, selon beaucoup témoignages, des cachets pour se calmer en vue du lendemain. L’étranger-ère est indésirable pour ces régimes insensibles et insensés, qui se moquent des règles par eux-même instaurées. Ceci sans occasionner le moindre embarras ni à l’Office des étrangers ni à d’autres. L’indifférence est totale, “cachez ce étranger que je ne saurais voir” !

Ainsi cette fois, l’expulsion a fait un peu de remue-ménage. Merci Micheline courageuse femme d’avoir osé vous opposer et courage à vous pour la suite ! Parce que là, on ne vous lâchera pas, vous avez une célèbre prédécésseuse qui se nomma Semira. Elle non plus n’acceptait pas cette violence que constitue l’enfermement et l’expulsion. Attention, elle, le coussin elle l’a connu de très près, quant à vous vous en auriez déjà été menacée !

Tout ceci se passe sur fond de révélations chocs et terriblement alarmantes publiées par le quotidien britannique The Observer (lire l’article). L’article à été publié le lendemain de la tentative d’expulsion de Micheline dans le journal de dimanche “The Observer”. Selon ce journal un document top-secret circulant parmi les chefs de police et de sécurité supérieurs de la République démocratique du Congo suggère que les personnes déporté-es de la Grande-Bretagne (et autres pays européens) risquent d’être torturés à leur retour dans leur pays d’origine .
Il est intéressant de relever que la Grand-Bretagne n’expulsait plus systématiquement depuis deux ans les ressortissants congolais en raison des craintes d’infractions aux droits de l’homme en RDC.
Mais la Belgique, elle, ne s’en soucie guère, mieux, elle organise des vols “groupés”, assurant que chaque cas aurait été individuellement examiné. L’ensemble des autorités et des organisations restent sourdes aux appels reçus qui dénoncent pourtant exactement le processus repris dans l’article. Le document adressé aux chefs de la sécurité et de la police du Congo indique clairement qu’ils sont sensés traquer les expulsés en provenance des pays européens, qu’ils doivent les arrêter et qu’ils doivent avoir recours à la torture “en toute discrétion” . Apparemment ça marche puisque cette discrétion convient bien à toutes celles et ceux qui ne veulent pas entendre ! Pourtant tant et tant de voix nous ont déjà révélé ces agissements, les arrestations et les disparitions qui sont si courantes ! L’escorte belge elle, se contente de déposer les personnes expulsées dans les griffes de l’ANR et rentre disant que tout s’est bien passé ! Et voilà le tour est joué, les chiffres peuvent être enregistrés.

A quand un grand cri d’indignation, à quand de véritables vérifications sur le terrain ? Le Home Office UK l’a fait, qu’en est-il de Maggie, Reynders et autres ?
De plus, lorsqu’on lit dans le document l’évocation de listes, cela ne rappelle-t-il pas les récits récents au 127bis, lorsqu’un “représentant de l’ambassade du Congo” est venu accompagné d’agents de l’Office des étrangers et du CGRA pour “identifier” les congolais à expulser. Certains dossiers personnels d’opposants sous le bras. Les ’laissez-passer” pré-remplis prêts à être signés ?

Extrait du document
Les agents sont invités à ” Intensifier la rigueur » pour ​​découvrir ces combattants. Il ajoute : « Une certaine liste et les photos seront envoyés sans délai . “

 

Le document précise ensuite : ” Le traitement réservé à ces personnes est claire : la torture et d’autres choses doivent être faites avec la plus grande discrétion Ces ordres doivent être exécutés de manière impeccable .. “

Outré-es ; choqué-es ; écoeuré-es ; dégoûté-es ; nous sentant littéralement violé-es dans notre humanité de devoir assister à de telles pratiques, nous exigeons un arrêt immédiat des expulsions si bien maquillées de “pays surs” de “au cas par cas” ou autre mascarades outrancières.
G

http://bxl.indymedia.org/spip.php?article3481

traduction de l’article du The Observer

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