Arrestation et tentative d’expulsion: Audio Update

Update : Libéré avec statut de réfugié ce 10/05/2017. Violence gratuite!

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L’arrestation et l’embarquement

ici audio

Et dans l’avion

ici l’audio

 

Transcription des audios

L’arrestation et l’embarquement

Je voulais simplement me présenter d’abord. Je m’appelle Masamuna Keko.  J’habite Schaerbeek. Ça fait maintenant 6 ans et demi que je suis là.

Le 28 novembre 2016 ils sont venus à la maison, 3 policiers (2 hommes et 1 femme). Ils m’ont dit « on est venu pour te prendre ». J’ai demandé pourquoi ? Ils ont répondu « ils vont te dire ça là-bas au commissariat ».

On est partis avec eux jusqu’à Schaerbeek, je n’avais pas compris, mais avant de partir je voulais me changer parce que j’étais simplement en culotte, je suis entré dans ma chambre, le policier m’a suivi dans ma chambre. J’étais nu pour me changer, ils sont restés là,  je leur ai demandé de sortir parce que j’allais me changer mais ils sont restés là.

Une fois que j’étais prêt ils m’ont mis les menottes. J’ai demandé pourquoi ? Je n’ai pas volé,  je n’ai rien fait ! J’ai tendu les mains et on m’a mis les menottes. On est partis à Evere. Là on a pris les empreintes etc. On est partis à la gare du Nord et là on m’a directement mis au cachot. J’ai fait plus de 2 heures là-bas puis on m’a appelé et on m’a dit que j’allais au centre fermé de Bruges le 28 novembre.

On m’a amené ici. Je suis resté ici pendant 3 mois et demi, depuis le 28 novembre. J’ai demandé mon 3ème asile. Le 1er je l’avais demandé en 2010, le 2ème je l’ai demandé ici, le 3ème je l’ai demandé ici aussi, c’était le 21 février 2017, donc j’attends la réponse.

A ma grande surprise, le 21 mars, l’assistante sociale m’a appelé, et on m’a dit monsieur on m’a donné le ticket, le 24 mars vous devez rentrer au Congo. A partir de 16 h on m’a mis dans un cachot, de 16h jusqu’à 6 h du matin.

C’est la 1ère fois qu’on essayait de t’expulser ?

Oui c’était la première fois.   Vers 6 h du matin les chauffeurs sont venus me chercher et à l’aéroport là-bas on m’a mis dans un cachot avec des gardiens, là on m’a mis dans un cachot et les policiers m’ont dit aujourd’hui tu vas au Congo.J’ai dit non je ne peux pas aller au Congo comme ça parce que j‘avais demandé l’asile, je ne peux pas partir comme ça, parce que je n’ai pas eu la réponse.Ils m’ont dit qu’ils avaient appelé l’Office des étrangers et que dans une heure on allait avoir les résultats.

J’ai dit : C’est pas comme ça ! Il faut d’abord une réponse puis préparer le voyage ! Vous, vous commencez d’abord par préparer voyage et vous attendez la réponse après !!

Ils ont dit alors là nous on ne sait pas, mais toi aujourd’hui tu vas dormir au Congo“.

 On m’a demandé de me déshabiller, on m’a enlevé la salopette et je suis resté avec le slip mais ils voulaient aussi que j’enlève le slip. Ils étaient 4 hommes et 1 femme, j’ai enlevé le slip. On ma dit qu’il fallait que je me baisse à 30 cm, je me suis baissé et relevé 2 fois.

« Ok ça va maintenant on va y aller ». Ils ont pris une ceinture pour m’attacher. J’ai demandé pourquoi une ceinture ? Je ne suis pas un voleur ni un criminel !  Depuis que je suis en Europe c’est la première fois que je pars au commissariat.

Ils m’ont dit qu’ils allaient me ligoter, j’ai dit non je ne pars pas, ils ont dit maintenant tu vas voir

Ils sont venus à 8, ils ont commencé à me frapper dans le cachot, ils m’ont mis par terre, ils ont commencé à me frapper, surtout la femme-là, elle m’a presque étranglé.Ils ont mis la ceinture, le scotch, ils m’ont bien ligoté et ils m’ont porté jusque dans le bus comme un animal et puis on est partis jusqu’au pied de l’avion, derrière ils ont mis les escaliers, je ne bougeais pas, j’étais vraiment ligoté ils m’ont porté, ils étaient à 6, ils m’ont porté comme un sac, comme un cadavre jusqu’à l’avion. On est rentrés dans l’avion, il n’y avait personne dans l’avion, ils m’ont assis au dernier siège deux côté de moi à gauche et deux à droite, deux devant moi et la femme à côté de moi.

Maintenant tu vas aller au Congo et quand on va arriver on va t’aider, on va te faire sortir à l’aéroport, et on va te déposer à 500-600 mètres. J’ai dit « vous dites que vous allez m’aider, mais me laisser 500 mètres, alors que je suis en danger ! » Si je n’étais pas en danger vous me laisseriez à l’aéroport, comme ça je sors etc. donc vous savez que je suis en danger ! Je vous dis que je suis en danger, moi je suis un combattant, on me voit partout.

Et dans l’avion

Arrivés dans l’avion ils m’ont dit « monsieur mets-toi là, on te met là comme ça, sois calme. Quand on va arriver au Congo, on va t’encadrer jusqu’à la sortie et puis on va t’aider, on va t’amener jusqu’à 500 km on va te déposer. »

J’ai dit : « Moi je vous dis que j’ai des problèmes là-bas au Congo ! Si j’arrive là-bas on va me faire du mal, on va me tuer. Mais vous ne me croyez pas. Pourquoi vous me dites que si on arrive là-bas vous allez m’encadrer et me déposer à 500 km ? J’ai des problèmes là-bas. Si je n’avais pas de problèmes pourquoi vous alliez m’escorter jusqu’à 500 km ? »

Je suis resté calme parce qu’il n’y avait personne dans l’avion, j’étais seul avec 5 policiers. Je suis resté calme et quand les gens sont venus, j’ai vu qu’il y avait beaucoup de gens, j’ai commencé à crier et tout le monde a commencé à crier et à se chamailler avec les policiers.

Puis 2 hôtesses sont venues et ont dit que le pilote a dit qu’il ne pouvait pas décoller, que je devais descendre.  Ils m’ont fait descendre de l’avion.La femme, la policière, a détaché les scotchs que j’avais aux jambes, elle a tout ouvert et ceux qui étaient dans mes mains étaient restés. On m’a dit « on va descendre ».

On descend dans les escaliers, un des policiers m’a dit « tu vois ce que tu as fait ? Maintenant tu vas voir ce que je vais te faire. .. »

On est entrés dans le bus, il a commencé à me frapper dans les côtes, j’étais comme un colis, on est arrivés en haut près du cachot, il m’a donné un coup de pied dans les fesses ça m’a touché là où on m’avait fait une opération, ça fait trois ans, c’est gonflé. J’ai vraiment très mal. Je suis resté là pendant 45 minutes comme ça et puis les gens de Bruges sont venus me chercher.

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