Centres fermés et expulsions: Violence et Violence…. 14/10/2013

Expulsion

Madame S. a été expulsée vers le Togo en catimini. http://www.gettingthevoiceout.org/expulsion-a-tout-prix/.

Elle a subi des violences graves lors de cette expulsion par son escorte belge.
Dès son arrivée à Lomé, elle a été amenée à l’hôpital ! Elle a porté plainte et les trois membres de l’escorte, deux hommes et une femme, ont été démunis de leur passeport par les autoritées togolaises et maintenu.e.s à Lomé. Ils ont été entendu.e.s par la gendarmerie à Lomé mais ont bien sûr tout nié en bloc.
Suite à des démarches “diplomatiques” ils ont pu revenir en Belgique après trois jours; la plainte suivrait son cours…

Madame S. est toujours hospitalisée à Lomé suite a un traumatisme cervical lors de son expulsion.

“Il faut briser cette chaîne de violence” nous dit-elle.

Libération stratégique en masse dans les centres fermés :

Suite à l’arrestation de 42 Afghans lors d’un rassemblement à Bruxelles, des libérations à la pelle ont eu lieu dans les centres fermés… pour faire de la place aux nouveaux venus Afghans. Ainsi un turn over impressionnant a lieu dans les centres fermés. Les personnes libérées ont reçu un ordre de quitter le territoire, souvent dans les 7 jours, et sont plongés dans la clandestinité.
Les centres fermés sont ainsi utilisés comme instrument de répression et d’intimidation pour tous ceux qui osent enfreindre l’ordre établi.
Suite au travail acharnés de quelques avocats, plus de la moitié des “insurgés” Afghans ont été libérés depuis, permettant ainsi de faire de la place pour des nouveaux venus à expulser…

Détention

Un homme a été libéré après 10 mois de centre fermé. Il se retrouve à BXL dans la rue, et cherche un endroit pour dormir. Il avait subi plusieurs tentatives d’expulsions violentes.
http://www.gettingthevoiceout.org/cinqieme-tentative-dexpulsion-1007/.

Un homme résidant légalement en Belgique depuis 20 ans avec sa famille,  a été arrêté à l’aéroport et enfermé au Caricole. Suite au décès de son père, il s’était rendu dans son pays et y est resté plus d’un an, ce qui fait qu’il a « perdu » son titre de séjour selon nos lois scélérates…Il a déjà subi deux tentatives d’expulsion vers son pays d’origine et veut rester près de sa famille et ses amis en Belgique!

Un homme arrivé il y a trois jours au centre fermé de Vottem a pêté les plombs. Il a tout cassé pendant une heure: la police, l’ambulance et un psychiatre ont débarqué et il a été emmené on ne sait où. Les co-dètenus ont été très émus par cet évènement:

“C’était très dur de voir cette souffrance que peuvent amener ces enfermements”

Arrestations et enfermements ces derniers jours de beaucoup de Polonais!

On nous rapporte à nouveau que de plus en plus souvent certains sont amenés au cachot pour une expulsion, sans avoir l’occasion de prévenir qui ce soit: “Vite fait, bien fait ” nous dit un détenu.

Laissez passer

Pour permettre l’expulsion, les détenus doivent être présentés à leur ambassade du pays dont on les présume originaires :
Un témoin nous raconte :

“Ils ont été été amenés à l’ambassade de leur pays d’origine supposée : il y avait 2 combis en stationnement interdit devant l’ambassade : un avec trois ou quatre hommes, un autre avec une femme. Les détenu(e)s  sont restés dans le combi avant d’être amenés un par un, escortés par les gardiens des centres (trois par combi) devant le consul. L’entretien a duré pour chacun-e quelques minutes pour attester ou non qu’il/elle est bien originaire de ce pays et pour délivrer un laissez passer à l’Office des étrangers.

Retours volontaires 

Les chantages au retour volontaire continuent avec la collaboration des ONG, qui ont bien intégré les décisions politiques d’inciter de gré ou de force les indésirables à accepter un « retour volontaire ». Ils y participent activement, ayant décidé que le retour volontaire est “la meilleure solution pour eux”. Ces ONG collaborent étroitement à cette politique d’exclusion du gouvernement et de l’Europe, oubliant progressivement ce pour quoi ils sont là. En jouant sur le principe du “moindre mal” elles ne font qu’appuyer et renforcer ces politiques.

Un homme d’origine tchétchène a signé un retour volontaire vers Moscou, sous la menace d’être emprisonné et mis aux oubliettes à Moscou en cas de retour forcé. Il a très peur de ce retour, n’ayant en Russie aucune attache et aucun moyen d’existence. Nous avons toujours en mémoire cet homme qui après son expulsion est resté plusieurs mois à l’aéroport de Moscou, n’osant pas mettre les pieds sur le sol russe.

Retour chez nous :

Toujours nombre d’appels de ceux qui ont été expulsés et qui sont revenus, parfois d’un pays très éloigné.
Ils ont retrouvé leurs amis, leurs familles et leurs enfants. Les détails ne sont évidemment pas publiables ici.

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