Des mamies congolaises au centre fermé 127 bis ! 22/11/2014


Humain : non – Juste : non – Efficace : oui – C’est du Francken !

Elles sont actuellement 4 femmes de 60 à 70 ans enfermées au 127 bis, certaines depuis plus de 2 mois.

La police est venue les chercher chez elles. Elles ont été menottées devant leurs familles et les voisins et mises au cachot au commissariat de police pendant parfois 24 heures. Elles ont dû signer un papier, alors que certaines ne savent pas lire le français ou le néerlandais. L’une d’elle a signé sans avoir pu lire le texte car la police lui avait confisqué ses lunettes ! Le papier en question attestait qu’elles donnaient leur accord pour être emmenées au centre fermé puis expulsées.

Elles sont arrivées en Belgique il y a plusieurs années pour rejoindre leurs enfants ou leurs maris, certains de nationalité belge. Leurs familles voulaient qu’elles puissent vivre à côté d’eux pour pouvoir s’occuper d’elles.

Après plusieurs démarches juridiques, certaines ont reçu un Ordre de quitter le territoire de la part de l’Office des Étrangers : le regroupement familial n’est pas pour tout le monde. Et tant pis si des familles sont dispersées.

Une dame de 65 ans, aveugle, a fait une demande de régularisation 9ter (sur base médicale), qui a été refusée suite à un problème d’identification ! Malgré cela, elle est menacée d’expulsion dans les jours qui viennent, AVEC son problème d’identification! Par ailleurs, depuis son enfermement elle ne reçoit plus les gouttes occulaires dont elle a besoin.

Elles nous disent :
« Ils sont venus me chercher chez ma fille. Ils m’ont menottée et amenée dans un combi de police devant la famille et tous les voisins. C’était la honte. »
« Je suis restée 24 heures au cachot et je me suis faite insulter toute la nuit »
« Ils ont refusé de me donner les médicaments que je dois prendre toutes les 4 heures »
« Ils m’ont confisqué mes lunettes »
« C’est la première fois de ma vie que je suis arrêtée »

Au 127bis elles sont médusées et gagnées par la peur. Elles ne veulent pas nous parler des conditions de détention. Dès qu’on leur pose la question, elles tournent la tête.

Il est impossible d’avoir une interview par téléphone :
« Je ne veux pas qu’on me retrouve sur internet, je veux rester anonyme sinon j’aurai des problèmes en RDC, il faut que je reste anonyme »

Elles ne veulent plus rester là et demandent à être libérées ou expulsées. Elles n’en peuvent plus d’être en prisons.
« Pas un jour de plus ici, c’est de la torture»
« Je veux pas rester enfermée, j’ai jamais été en prison »
« Nous sommes toutes très choquées »

Et elles n’oseraient pas demander l’asile, même si elles ont de bonnes raisons de le faire :
« Si je demande l’asile, je resterai enfermée ici. Ensuite la Belgique refusera, comme pour la plupart des Congolais(es), et me renverra au Congo où je serai emprisonnée et peut-être tuée parce que j’ai demandé l’asile”.

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