Exilé.es : Bilan et actualité 28/05/2019

Exilé.es : Bilan et actualité 28/05/2019:

Cela fait un an que nous rassemblons les appels des hébergeur.ses qui connaissent un.e exilé.e arrêté.e et enfermé.e dans un centre fermé.

Bilan d’une année : Données partielles suite aux informations récoltées parmi les hébergeur.ses et des avocat.es

En 1 année 1.000 migrant.es en transit ont été enfermé.es.
Leur durée de détention varie entre 5 jours et 5-6 mois
Certain.es ont été enfermé.es à plusieurs reprises (jusqu’à 6 fois).

La grande majorité relève de l’accord Dublin.
Suite à leur enfermement entre 150 et 200 sur les 1000 ont été effectivement expulsé.es vers leur pays Dublin, après 2 mois d’enfermement.
Sept ont été renvoyé.es vers leur pays d’origine de leur plein gré (2) ou de force (5) : Éthiopie, Soudan, Égypte ;
Trois ont obtenu l’asile ou la protection subsidiaire dans le centre ;
Une dizaine a été transférée vers un centre ouvert pour traitement de leur demande d’asile ;
Plus de 700 ont été libéré.e.s avec un Ordre de quitter le territoire (OQT) majoritairement grâce à l’intervention d’avocat.es.

Ces chiffres sont sans compter les personnes sans papiers arrêtées à leur domicile ou sur la voie publique, les personnes demandeuses d’asile arrêtées à leur arrivée à l’aéroport, les personnes voulant passer un moment ici mais arrêté.e.s à l’aéroport et refoulé.e.s car « pas en règle » de visa ou tuti quanti (Ici une témoignage récent http://www.gettingthevoiceout.org/labomination-des-centres-fermes-temoignage-audio-du-centre-ferme-du-caricole-03052019/ ), les détenu.e.s soumis.es à la double peine et amené.e.s de la prison où ils ont purgé leur peine vers un centre fermé en vue de leur expulsion.

Des victimes enfermées, un budget considérable, des dégâts psychologiques énormes. Des demandes d’asiles forcées et jugées à l’emporte pièce. Une politique qui vise à criminaliser celles et ceux qui sont avant tout les victimes. En somme, une politique coûteuse sur le plan financier et surtout humain, qui ne résout aucun problème et n’apporte aucune solution efficace… et humaine !

Actualité 28/05/2019 :

– Toujours la chasse aux exilé.es dans les gares, les camps, les parkings suivie d’arrestations et d’enfermements pour certain.es ,trié.es sur le volet.

– Il nous revient très régulièrement des témoignages de violences graves dans les centres fermés : coups, mises au cachot, altercations verbales racistes, transfert de centre en centre. Les détenu.es, qui veulent rester anonymes nous parlent de réelles tortures.

– Des tentatives de suicide nous sont aussi ramenées régulièrement.

-Des détenu.e.s en très mauvais état physique ou psychique sont maintenu.e.s dans les centres parfois pendant des semaines ou des mois et subissent un acharnement incompréhensible (cachot, transfert, etc.) comme si on devait les punir de leur vulnérabilité.

– La criminalisation des exilé.es a franchi un nouvelle étape : Sous la nomination de « recherche de réseaux criminels de trafics d’êtres humains » ces derniers mois des rafles ciblées ont lieu et quelques dizaines d’exilé.es suspecté.es d’être trafiquants sont emprisonné.es dans nos prisons pendant plusieurs mois en attendant leur procès. Dernière condamnation en date : 10 mois de prison ferme pour s’être introduit à 4 reprises illégalement dans le port de Zeebruges. Après la prison, il a été transféré dans un centre fermé et a choisi un retour volontaire vers l’Italie.

NON aux centres fermés
Liberté de circulation et d’installation pour tou.te.s

Gettingthevoiceout et les référent.es centres fermés de la plateforme citoyenne

PS des témoignages audio ou écrit d’hébergeurs ou d’exilés sont la bienvenue!

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