Expulsion Collective de Congolais.Mars 2012

Expulsion de 19 Congolais et 4 Angolais par la Belgique.

L’expulsion du 6 mars 2012 semble avoir été prévue depuis plusieurs mois dans un silence complet. Elle a été  organisée par notre Office belge des Etrangers.

Les jours qui ont précédé ces expulsions, des Congolais et des Angolais ont été rassemblés au centre de rapatriement 127bis de Steenokkerzeel, dans le plus grand silence.

Le 6 mars, des hordes de policiers étaient présentes autour et dans le centre fermé de Steenokkerzeel. Certains détenus ont été battus, menottés, ligotés, et embarqués avec violence dans les camionnettes et les bus. Une autopompe avait même été affrétée pour l’occasion. Les alentours du centre étaient inaccessibles aussi bien pour la presse que pour les citoyens. Parmi eux, un prisonnier a été particulièrement mal traité : il a reçu de nombreux coups, il a été déshabillé, ligoté et menotté .

Tous ont été amenés à l’aéroport militaire de Melsbroek. Là aussi : mobilisation générale des forces de l’ordre et des militaires.

Dans l’avion, 21 personnes ligotées, menottées, entourées de 69 militaires ….et d’une équipe médicale nommé B- Fast, qui apportait de l’aide humanitaire à Brazzaville !

L’avion a décollé à 17h30. L’avion est bien arrivé à Kinshasa vers 02:00 le 7mars. Les expulsés ont été pris en charge par la DGM (Direction Générale des Migrations). Aucun contact avec eux n’a pu être établi, les militaires sur place ayant installé un lock-out serré. Une télévision congolaise était à l’aéroport et filmait le débarquement et les arrestations. Reportage ici

Les prisonniers ont été transférés à Kin Mazière à Kinshasa, un lieu de détention de sinistre réputation (vidéo), puis à la prison de Kassapa.

Restant sans nouvelles de ces emprisonnements, les familles, des médias privés, et des associations des droits de l’homme se sont mobilisés à Kinshasa afin que ces prisonniers ne disparaissent pas comme tant d’autres.

C’est sans doute suite à ces pressions que les autorités ont décidé de leur libération un par un. Les détenus ont refusé, ils ont exigé d’être libérés tous ensemble. La plupart ont finalement été libérés après 48 heures de détention. Il semblerait qu’un d’entre eux ait été maintenu et torturé. 

Ils sont à présent tous très inquiets de la suite des événements. Ils nous disent que selon des communiqués d’associations et de médias, les autorités les définissent comme des militants anti Kabila, voire des criminels, et ils craignent d’autres poursuites. Beaucoup vivent cachés depuis leur libération.

Ces vols sont organisés dans le cadre d’une coopération bilatérale entre la Belgique et la RDC. Ils sont organisés dans le secret le plus total, et les arrestations, détentions et embarquements s’accompagnent de violences systématiques selon divers témoignages .

L’Office des Etrangers déclare à l’agence Belga : « Si le vol est donc collectif, l’Office des Etrangers rappelle que chaque dossier a été traité individuellement et que ces Congolais ne risquent rien, en retournant à Kinshasa ».

Des ONG et associations font des déclarations, des communiqués appelant à l’humanitaire, à la justice, aux droits de l’Homme, à la transparence.

Mais rien n’empêchera l’Europe et ses Etats de s’acharner à expulser ces « indésirables » au nom de notre sécurité, notre économie…

Les lois, conventions, traités votés par la Belgique et l’Europe permettent et permettront ces expulsions dites collectives ou groupées dans une certaine légalité.

Nous ne voulons pas de ce terrorisme d’Etat, qui s’octroie le droit de définir qui sur cette terre a le droit de se déplacer,  de respirer, ou encore de vivre.

NODEPORTATION

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