Audio : Expulsion : Ils ont suivi la procédure!

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 Expulsion: Ils ont suivit la procédure!

Dis-moi, tu as été expulsée début de semaine? Tu étais au centre fermé de Bruges, qu’est-ce qui s’est passé ?

Oui, le 15 du mois ils sont venus me chercher le matin, ils ont dit vers midi moins, ils m’ont dit d’aller voir l’assistant. Quand je suis allée, l’assistant m’a dit “vous devez prendre vos bagages pour l’aéroport”.

C ‘est là que j’ai fait signe à Francesca, une fois à l’aéroport, j’ai aussi averti mon avocat.

Lui m’a dit qu’il n’avait pas de réponse car il avait introduit une demande mais il n’a pas reçu de réponse. Il avait dit qu’il allait faire quelque chose mais bon…  je ne pouvais pas refuser. Il fallait franchement aller à l’aéroport.

Arrivée là-bas, ils m’ont posé la question “est-ce que tu veux partir?”. J’ai dit que je n’avais pas le choix. J’ai une demande en cours, on ne m’a pas répondu donc je n’ai pas le choix, mais si vous me dites de partir bon, moi je m’en vais.

C’est là ils m’ont envoyée dans une salle, ils ont fouillé mon sac.

Le pire ça a été quand ils m’ont demandé de me déshabiller carrément. J’ai demandé, mais pourquoi ? Ils m’ont dit que c’est pour raison de sécurité.

Mais qu’est-ce que moi une petite fille je peux faire aux gens dans l’avion ?

C’était terrible, c’est vraiment la chose qui m’a beaucoup marquée, subir ce traitement, se mettre nue devant des gens pour qu’on te fouille, en plus ils m’ont menottée ! Là j’ai dit non, je ne refuse pas de partir alors je ne veux pas de ces trucs aux mains !

Ils ont dit c’est la procédure, ils n’ont pas le choix ; ils doivent le faire.

Ils m’ont menottée jusqu’à l’avion avec deux escortes jusqu’au Burkina, c’était vraiment une humiliation pour moi, parce qu’ils n’avaient vraiment pas besoin d’en arriver jusque là… c’était dur, très dur, c’était violent.

Dans l’avion j’ai dit enlevez-moi ces trucs là mais non, ils disent que c’est la procédure.

C’est leur procédure de maltraiter des gens comme ça, franchement c’est terrible.

Même si tu ne refuses pas, malgré tout ça ils vont te faire subir des trucs comme ça,

c’était vraiment humiliant pour moi de me déshabiller sans raison, il y a des gens qui ont été fouillé dans leurs parties génitales…

Dans ton pays comment ça va ?

En fait je ne suis pas dans la famille, je ne suis pas retournée dans la famille bien sûr,

je suis chez une amie dans une famille d’accueil, une amie m’avait dit si tu reviens tu peux rester dans ma famille en attendant. Je suis là toute la journée, je suis à la maison, je ne sors pas.

Vous aviez fait une grève de la faim pendant 2-3 jours au centre fermé de Bruges, tu crois que ça a un rapport?

Franchement je ne sais pas, mais c’est possible, parce que les gens qui sont là-bas ils font semblant que non mais ils suivent tous les mouvements.

Vous étiez beaucoup surveillés dans le centre ?

Oui on est trop surveillés. Au moindre mouvement, ils font chaque fois des rapports, tout le temps !

Donc je ne sais pas si ils transmettent ça et où.. je ne sais vraiment pas.

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Premier témoignage de cette femme :

Je voulais qu’on me protège

Témoignage d’une dame fuyant un mariage forcé et enfermée au centre fermé de Bruges 

Écouter :

Je voulais qu’on me protège

Tu es dans le centre fermé de Bruges? Tu peux nous raconter depuis quand tu es là et comment/pourquoi tu es arrivée en Belgique?

Quand je suis arrivée à l’aéroport, on m’a directement amenée à Caricole ; c’est aussi un centre fermé qui se trouve non loin de l’aéroport.

En fait, le but de mon voyage : je fuyais une situation ; un mariage forcé dans mon pays, c’était pour me réfugier et échapper à cette union . Mais j’ignorais qu’il y avait un endroit où l’on pouvait demander l’asile, mais moi je fuyais une situation… Quand je suis arrivée à l’aéroport on m’a arrêtée parce que je ne remplissais pas les conditions du voyage; je n’avais pas de réservation d’hôtel, etc c’est pour ça qu’ils m’ont envoyée à Caricole.

Là-bas j’ai été informée qu’on pouvait demander l’asile et tout est parti de là.

Et tu as demandé l’asile à ce moment-là ?

Oui j’ai demandé l’asile, oui, je fuyais une situation mais je ne savais pas qu’il y avait moyen de demander l’asile, sinon si j’avais su, je l’aurais fait directement.

Depuis combien de temps es-tu arrivée?

Depuis deux mois et quelques semaines, depuis le 11 février.

Donc tu as fui un mariage forcé avec un homme plus âgé que toi je suppose ?

Oui, un homme plus âgé que moi, qui a d’ailleurs deux femmes et des grands enfants.

C’est un ami de longue date de la famille et c’est aussi mon patron parce qu’après il a demandé que je travaille dans son lieu de travail.

J’ai fui ! J’ai demandé à une amie qui m’a aidée, parce que j’ai fait des tentatives, c’était la seule solution… ça m’a fait faire des choses parce que… il fallait de l’argent pour ce voyage, j’ai dû prendre l’argent là où je travaillais, pour pouvoir organiser tout ça…

Et puis maintenant tu te retrouves au centre fermé de Bruges ?

Oui, j’ai fait ma première demande d’asile, ils ont refusé, j’ai eu une première interview, ma deuxième interview, c’était négatif on est allés en recours au tribunal, ils ont refusé, et ils ont dit que je devais rentrer.

Aux dernières nouvelles, quand j’ai appelé ma copine pour dire que ça n’a pas marché,  elle m’a dit que je ne peux pas rentrer parce que là-bas c’est chaud, qu’ils l’ont convoquée et qu’ils étaient en train de me chercher.

Une fois arrivée à l’aéroport j’ai dit que je ne pouvais pas rentrer.

Une amie m’a dit que j’avais le droit de demander l’asile une deuxième fois. Je ne savais pas. C’est là que j’ai refusé et c’est là que j’ai été transférée à Bruges.

Ils ont essayé deux fois de t’expulser déjà ?

Oui et ils m’ont même dit que la prochaine fois ils allaient me menotter et me renvoyer chez moi. J’ai essayé de leur expliquer que moi tout ce que je voulais c’était juste qu’on me protège, que je n’étais pas là pour une autre raison. Parce que le consulat général a refusé, ils ont dit qu’à mon âge et avec le niveau études que j’ai faites on ne pouvait pas m’obliger, mais eux ils oublient que la tradition est là, chez nous on s’en fout de l’âge, on s’en fout de ton niveau d’études ; si la famille décide, tu n’y peux rien… c’est ça qu’ils ne comprennent pas, tu n’y peux rien !

Merci madame.

 A bientôt, merci, au revoir.

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