Audio : Foreingoffice ask me to go to my country and die there”(FR)

Translation nead

22/08/2013: Témoignage d’une dame séropositive et diabétique enfermée à Bruges et en voie d’expulsion:

L’Office des Étrangers ma demandent de rentrer mourir

“Bonjour Madame,
Je suis enfermée à Bruges depuis un mois, j’ai été arrêtée à Liège.
Les autorités jugent que je suis illégale parce que j’ai reçu un ordre de quitter le territoire, mais j’attendais juste le recours de mon 9 ter qui est encore en cours et donc je n’ai toujours pas quitté le territoire, j’étais toujours dans un centre d’accueil. J’ai une adresse, je suis prise en charge par Fedasil, toujours.
Donc j’ai été surprise d’être arrêtée. et directement les policiers qui m’ont interpelée, au lieu d’appeler le centre qui m’héberge qui a ma responsabilité normalement sur le territoire belge, ils appelent directement l’office des étrangers qui juge que je dois être enfermée dans un centre fermé. Et voilà comment je me suis retrouvée à Bruges, à disposition de l’office et donc l’office décide de toujours me retenir en centre fermé pour une éventuelle expulsion. ils vont faire des démarches en vue d’avoir un document de voyage.”

-Et vous êtes malade. Vous avez deux graves maladies. Qu’est-ce qui se passerait si vous retournez en Guinée pour vos soins?

“Oui, je suis malade, ça fait plus de huit mois que je suis au courant, et donc si je retourne dans mon pays en Guinée…Nous n’avons pas d’hôpitaux équipés, même pour le paludisme, donc j’imagine que pour les maladies dont je souffre, on n’en a pas. Je connais parce que j’ai vécu là-bas, j’ai soutenu deja des gens qui ont ces maladies. Mais même pour une diarrhée dans un hôpital où on mélange de l’amidon à boire pour arrêter la diarrhée, je me demande comment ce pays peut avoir une trithérapie ou un suivi normal pour des gens malades comme moi.

-Et on me disait que pour les trithérapies par exemple, il n’y a pas de stock?

-Les stocks s’épuisent parce qu’il y a beaucoup de magouilles dans les stocks et qu’ils ne les reçoivent pas normalement. Et des fois c’est des médicaments qui sont fabriqués au Nigéria ou en Chine. En fait des médicaments qui n’ont aucun effetsur la maladie. C’est juste pour vous faire croire que vous prenez des médicaments, mais en fait vous ne prenez rien du tout.

-Et vous êtes diabétique, vous avez besoin d ‘insuline plusieurs fois par jour?

-Oui, je me pique 5 à 6 fois par jour, donc j’en ai besoin. C’est des médicaments qu’il faut garder au frais. Chez nous il n’y a pas d’éléctricité, il n’y a pas d’insuline, il n’y a pas d’insuline parce que il n’y a pas de pharmacie qui va risquer d’investir dans un produit qui va périmer. Et si le produit reste a l’air libre avec la chaleur et tout, qu’on s’injecte avec, c’est la mort directe, je ne l’invente pas. C’est pas possible d’avoir accès à l’insuline.

-Donc pour vous une expulsion revient à mourir dans votre pays?

-Ben oui, donc l’office des étrangers me demande de rentrer mourir.

-Et à Bruges comment ça se passe?

-Ca va comme une prisonnière. Nous avons deux chambres qui contiennent chacune 16 lits, et toutes nationalités confondues.

-Vous avez d’autres choses à ajouter d’important?

-Je dirai juste, je sais que l’état belge se défend en disant qu’il ne peut pas recevoir tout le monde.
Mais je ne veux pas vivre en Belgique rien que parce que c’est la Belgique. Je veux vivre en Belgique ou en Europe simplement parce que c’est une question de vie. C’est nécessaire pour moi, c’est important pour moi de rester ici! C’est pas le luxe ou quelque chose d’autre, mais il me faut rester en Europe, que ce soit en Belgique, en France, partout ailleurs en Europe mais que j’ai accès à des soins adéquats. Je pense que pour un être humain c’est pas trop demander.

This entry was posted in Audio testimonies, Testimonies. Bookmark the permalink.