Le ” grand banditisme” au centre fermé de Vottem: Update

27/10/2014: Des policiers sont venus dans la cellule de M.A au centre fermé de Vottem. Ils lui ont annoncé qu’ils avaient un mandat d’arrêt contre lui et l’ont amené à la prison de Lantin.Il semble que l’état Belge (sous la pression de l’office des étrangers?) a demandé de revoir sa libération conditionnelle.
Monsieur A a fait 25 ans de prison et devait être libéré avec comme condition de quitter le territoire Belge, ce qu’il comptait faire et partir en France.Il voulait y rejoindre sa famille, dont sa femme et son fils , qui vivent là bas depuis toujours. La veille de sa libération l’office l’a transféré au centre fermé de Vottem ou il a passé 2 mois en isolement total.Et maintenant Lantin!

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M. Larbaoui est en isolement complet ( « un régime approprié » dit la direction) depuis 1 mois, dans une cellule de l’aile sécurisée du centre fermé de Vottem. Il ne rencontre personne, n’entend rien. Il a droit à une promenade de 2 heures dans une cour surmontée de hauts grillages et de caméras, seul, ou plutôt accompagné de 4 ou 5 matons; promenade qu’il refuse souvent, ne voyant pas l’intérêt de cette sortie.
http://www.gettingthevoiceout.org/la-prison-dans-la-prison-a-vottem-laile-securisee/
Des plaintes ont été déposées pour enfermement illégal et maltraitance physique et psychologique.
Le Comité pour la prévention des tortures a été prévenu.

Texte de M. Larbaoui qu’il nous a fait parvenir sur ses conditions de détention

“Le QHS ou la tentation de la dérive sécuritaire.
Ou quand une mesure administrative devient peine de prison sans l’aval de la justice.”

“Être détenu à Vottem sous le régime de « l’ordre et la sécurité » n’est pas une sinécure, faut-il déjà que les règles de fonctionnement soient établies et visées par les autorités de tutelle.
Or cela n’est écrit nulle part. On a ouvert une aile dite sécurisée, destinée à accueillir une catégorie de détenus au profil particulier. Et là où le bât blesse : on est fondé à poser la question de savoir qui est autorisé à définir les profils et décide in fine d’embastiller ? Puisque, par définition, un centre fermé ne saurait être considéré comme une prison et à plus forte raison offrir des conditions de captivité plus difficile que les centres pénitentiaires, il est absolument indéniable que les conditions de détention dans l’aile sécurisée de Vottem relèvent outre du système carcéral, agrémenté d’un isolement total, mais encore ce procédé reste illégal au regard du droit et conventions internationales relatives aux traitements réservés aux détenus. L’absence de règles entraîne forcément un programme au jour le jour et des modifications sempiternelles de nature à déstabiliser à la longue.
L’isolement de 24 h sur 24 provoque une tension nerveuse intenable et rend les contacts avec les gardes particulièrement âpres et conflictuels. Car rien ne justifie ce type de traitement pris à titre de sanction disciplinaire ou alors comme mesure préventive en vue de se prémunir d’éventuelles récriminations de tout ordre vu la personnalité de l’individu. Comme en prison, l’enfermement reste la règle sauf qu’ici il n’y a pas de contact entre les détenus et donc ni lien social ni solidarité à témoigner les uns envers les autres et à l’égard des plus faibles notamment.
Cette structure carcérale, fondée sur la coercition maximale provoque un stress permanent accompagné de troubles du comportement, tant et si bien que les agents eux même en ressentent les effets et s’en plaignent à demi-mot. Le clash n’est jamais loin, vu les tensions exacerbées par l’enfermement et l’absence de perspectives. On en vient à penser que l’installation un peu partout dans l’établissement d’équipements de télésurveillance, caméras et micros, constitue un garde-fou, un avantage pour les détenus et un inconvénient pour les agents. Un avantage dans la mesure ou les actes posés sont enregistrés et donc constituent des témoignages à charge ou à décharge en cas de manquements graves comme cela arrive souvent dans des lieux de confinement, un inconvénient pour les agents que de se savoir scrutés et de ne pas pouvoir faire ce qu’ils veulent en cas de crise aiguë.
En tout cas la structure carcérale actuelle, sans règles établies est anxiogène et constitue une dérive à l’image de l’Office des Étrangers, le vrai gestionnaire de ce goulag belge.”

Chambre du conseil sous haute sécurité

Ce jeudi 2 octobre M. Larbaoui devait comparaitre devant la chambre du conseil de Mons pour une demande de libération introduite par son avocat : Il a été amené menotté dans un combi . Le combi a pris la route vers Mons , sirène hurlante et accompagné de deux voitures de 10 policiers, munis de gilets pare-balles et de mitraillettes.
Et….la chambre du conseil de Mons a ordonné la libération de M !

Et comme d’habitude l’Office des Étrangers a fait appel à cette décision, informant le tribunal qu’un laissez-passer de l’ambassade d’Algérie est en « bonne voie ». A noter que l’Ambassade refuse actuellement de délivrer un laissez-passer et que différentes autorités sont venues « discuter » avec M afin qu’il signe un papier attestant qu’il est d’accord de partir en Algérie. Cet appel est suspensif d’une expulsion actuellement.

A noter que M.Larbaoui est né en Algérie au temps où l’Algérie était encore un département français, et a grandi en France où toute sa famille, dont sa femme et son fils, réside et sont Français !

Monsieur Larbaoui ajoutant :
« Il faut se rendre à l’évidence et établir que tout ce cérémonial, entouré d’un luxe de précautions inutiles (escorte, garde prétorienne,et isolement hors norme) rend d’autant plus la Belgique INCROYABLEMENT RIDICULE ! Puisque j’ ai été juridiquement et légitimement libéré et de ce fait ne devrais plus me trouver ni en centre fermé, ni encore moins en Belgique, mais chez moi en France. Vous avez dit arbitraire crasse, chercher l’erreur ! »

Dernière minute : M.Larbaoui passe en appel devant la chambre de mise en accusation à Mons ce 14/10/2014 : Pour le tribunal pas de “preuves” de torture et premier jugement de la chambre du conseil invalidé.Monsieur restera en isolement à Vottem. Une nouvelle demande de libération ne pourra être introduite que dans un mois. Et l’office continue à faire pression sur l’ambassade pour obtenir un Laissez passer!

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