L’Office de la honte n’a jamais si bien porté son nom.

22/09/2015

Comment ne pas avoir honte d’être belge, quand on voit les pratiques de notre gouvernement et son administration ?
Face à la crise des réfugiés, pas d’humanité ni de justice mais une politique aussi hypocrite qu’abjecte.
Son unique but – qui semble justifier les méthodes les plus répugnantes – est de faire passer le message par delà nos frontières : “Ne viens pas en Belgique, on t’y persécutera comme on le fait avec tes frères et tes soeurs. Va ailleurs!”

Comment se traduit cette politique dans les faits, comment s’organise cette campagne de terreur invisible dans les médias ?

Plusieurs dizaines d’Irakiens ont été arrêtés à l’Office des Étrangers et directement envoyés derrière les barreaux des centres fermés 127bis et Caricole. L’isolement, la violence de l’enfermement et les conditions de détention qui y règnent sont dénoncés depuis bien longtemps par de très nombreuses associations, comme par le Comité de Prévention de la Torture.

Le CGRA a annoncé le gel des décisions d’asile concernant les Bagdadis suite à l’installation au parc Maximilien  de nombreux demandeurs d’asile principalement irakiens.
Dans le même temps, le Ministre Francken et son administration entamaient une campagne sur le thème “Bagdad semble à nouveau une ville sûre, on devrait pouvoir y renvoyer les réfugiés”.
D’autres communications du gouvernement et de l’Office ou du CGRA ont également mis l’accent sur de prétendus “retours volontaires” et sur des expulsions de réfugiés irakiens selon la convention de Dublin,le but étant de terroriser les réfugiés, de leur laisser penser que, peut être, on pourrait bientôt les renvoyer droit vers l’enfer qu’ils ont fui.
Quoi de plus dissuasif pour ceux qui ne se seraient pas encore présentés à l’Office pour entamer leur demande d’asile ?

Révoltés face à leur enfermement arbitraire et incompréhensible, mis sous pression et abusés par l’image démocratique de notre gouvernement, les Irakiens détenus se sont levés. Et on ne peut que les comprendre.
Un mouvement de protestation a vu le jour dans les centres fermés, et les Irakiens ont très vite été rejoints par d’autres détenus, parfois enfermés depuis de très longues périodes (jusqu’à 8 mois ), parfois ayant femme ou enfant(s) en Belgique. Ils ont cristallisé une colère, trop souvent sourde, qui gronde toujours dans les centres fermés. Une grève de la faim a éclaté, des mouvements de désobéissance aussi, tels que le refus de rentrer en cellules après la promenade. http://www.gettingthevoiceout.org/update-127-bis-21092015/

Ici encore l’Office des Etrangers, épaulé par la direction des centres, a fait preuve de méthodes dignes d’un régime bananier.

A vomir…

Notre administration a ainsi témoigné d’une prétendue “compréhension” de la situation des Irakiens, puis au vu de l’élargissement du mouvement, a proposé que chaque communauté désigne un “porte-parole” permettant de “faciliter le dialogue”.
Ces porte-paroles ont pu s’exprimer face aux quelques manifestants et caméras présents.

Mais n’y voyez aucune preuve d’ouverture d’esprit , il s’agit ici d’une manipulation:
TOUS les porte-paroles des Irakiens, Marocains, Tunisiens, Algériens, Syriens etc ont ensuite été mis au cachot en isolement puis transférés vers d’autres cachots, dans d’autres centres fermés.
A notre connaissance, il s’agit (au moins) des centres de Bruges et Merksplas.
L’accès au téléphone ne leur est autorisé que 30 min par jour. Bienveillance ? Non. Peur d’une condamnation devant la Cour européenne des Droits de l’Homme ? Sans doute…

Notre gouvernement mène une politique odieuse et inhumaine, à l’encontre de toutes les valeurs dites démocratiques.
Son administration utilise des méthodes immorales, dignes de régimes totalitaires.

La majorité des médias se contente d’interpréter leurs communications polissées, renonçant au moindre travail d’investigation, base du journalisme.
Cherchez vos information. L’office des Étrangers ment et (vous) manipule!

Il est temps que cela cesse. 
Il est temps que nous agissions pour que cela cesse, et que soient publiquement dénoncées ces pratiques ignobles et ces manipulations.
Il est temps de nous lever comme les détenus ont eu le courage de le faire dans le centre. 
Sinon, nous aussi, nous aurons du sang sur les mains.

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