L’urgence humanitaire au Parc Maximilien…et puis? 04/09/2015

L’urgence a été déclarée, l’urgence humanitaire dit-on. Mais le terme “urgence” implique que l’on ne peut y répondre que par des solutions à court terme et ainsi empêcher tout projet à plus long terme, voire  « oublier » les origines politiques de ces urgences…

Et pourtant plus de la moitié des réfugiés qui campent au parc Maximilien actuellement, en attendant qu’on leur permette de déposer leur demande d’asile à l’Office des Étrangers, auront une réponse négative à leur demande par le CGRA.
Certaines nationalités sont actuellement dans le top 10 du CGRA (les Syriens p. ex ) mais d’autres risquent de se faire renvoyer dans leur pays (50 % des Irakiens par exemple). Ils seront expulsés ou devront vivre dans la clandestinité, devenant des «sans papiers » avec dans leur poche un ordre de quitter le territoire! On apprend ce 04/09/2015 que quelques Irakiens ont été amenés dans un centre fermé ces jours-ci !
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1734/Irak/article/detail/2444325/2015/09/03/Gel-provisoire-des-decisions-pour-les-demandes-d-asile-des-Irakiens-de-Bagdad.dhtml

Un demandeur d’asile sera accepté si «il risque un réel danger…» à son retour dans son pays d’origine ! Et à condition qu’il ne soit pas passé par un autre pays Schengen (Dublin3),vers où il sera renvoyé illico presto !

Ainsi beaucoup de ces demandeurs d’asile du parc Maximilien risquent de vivre de nouveaux cauchemars dans le futur : expulsion, clandestinité etc. grâce à des normes des plus restrictives éditées par les administrations (UNHCR,CGRA, Office des Étrangers…)  .

Les politiques migratoires européennes empêchent dans un premier temps l’arrivée de ces migrants en les bloquant aux frontières, puis pour ceux qui passent à travers les mailles des filets, ils les filtrent et les séparent entre les « bons », les « vrais » et les « mauvais » , les« faux » réfugiés. Sans parler des réfugiés qui seront taxés de réfugiés « économiques » (question :l’économique n’a-t-il vraiment rien à voir avec le politique?) , ou de ceux qui viennent d’un pays « sûr » selon le CGRA et dont la demande d’asile sera refusée  dans les 15 jours.

Parallèlement aux aides citoyennes urgentes actuelles ,  bien d’autres actions sont/ seront nécessaire pour soutenir les exclus de nos politiques migratoires qui ne peuvent/veulent pas rentrer chez eux !

Bien d’autres initiatives/ actions sont indispensables pour éliminer ce système d’exclusion (qui n’est pas que pratiqué sur les migrants d’ailleurs) et de frontières, propre à nos sociétés actuelles.

Nombres de chercheurs, anthropologues, sociologues etc. confirment que l’ouverture des frontières est bénéfique pour tous.

Notre lutte contre ces politiques, les luttes des exclus, les luttes des réfugiés, les luttes des sans papiers, est complémentaire à l’aide humanitaire . Si nous ne soutenons pas ces luttes, nous risquons de faire de l’humanitaire pendant des siècles et … dans l’urgence!

Pour un monde de migrations

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