Rébellion et mutinerie — Expulsion et coups de matraque — ACAB !

01/10/2015

Ce matin, Hassan, détenu en centre fermé depuis deux mois et demi, a été expulsé par l’État. Hassan ne s’est jamais laissé faire pendant son incarcération. D’abord en essayant de se faire la belle du centre fermé de Bruges, ce qui lui a valu un passage à tabac et un transfert vers le 127bis. Ensuite, par son insubordination face aux matons; ces chiens qui gagnent leur pognon de la manière la plus sale qui soit. Puis, au 127bis, en cherchant à lever des rébellions, en faisant monter la pression, jusqu’à passer un jour et une nuit sur le toit de la taule, le 20 septembre passé. Enfin, en criant haut et fort sa haine de l’enfermement, des frontières, des États, des flics et de tout ce qui met des barreaux à sa vie, à nos vies.
Après avoir passé la nuit sur le toit du 127bis, l’Office l’a envoyé à Merksplas. Après quelques jours, il reçoit un billet d’avion pour la Tunisie, vol prévu le mercredi 30 septembre. En attendant, on le garde en isolement, au cachot, séparé des autres détenus, de peur que sa rage ne fasse contagion une fois encore. Hier, les flics l’emmènent à l’aéroport, mais Hassan réussit à résister à l’expulsion, en s’infligeant des coupures au rasoir. On l’informe qu’il sera ramené à Merksplas. Mais les choses ne se passent pas comme ça. La nuit passée, les matons font irruption dans sa cellule, le ligotent et l’amènent à l’aéroport, pour un nouveau vol, après une nouvelle séance de matraquage.
Hassan est notre compagnon. Le chemin qu’il a choisi est le seul à même de réellement mettre en danger la routine de l’enfermement et des expulsions des voyageurs sans visa, des brûleurs de frontières. On n’a rien à attendre des politiciens et de l’État qui ne cherchent qu’à rendre leur système de déportation plus efficace, plus rapide, plus performant. Non, c’est de nos propres impulsions, de nos insubordinations, de nos révoltes que les centres fermés pourront peut-être un jour être mis à bas.
Pour terminer cette brève, voici quelques phrases que notre ami aimait scander, et qui devraient résonner plus souvent dans ces taules infâmes que l’État appelle centres fermés :

États assassins,
Politiciens assassins,
Flics assassins,
Frontières assassines,
Système capitaliste de merde,
ACAB,
Pour la liberté !
Vive l’anarchie !

Solidairement et fraternellement

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