Récit d’une rafle à Arlon le 14/11/2018

 
 

    Photo d’un détenu à sa sortie et remarque de son hébergeuse: “Ils l’ont relâché en lui indiquant la direction de la gare, sans aucun papier. Il est arrivé comme ça, avec deux numéros au poignet (l’un mis par les flics, l’autre au centre.)”

 

19 personnes ont été amenées à la police fédérale à Steenokkerzeel pour identification. Elles ont presque toutes été libérées, avec ou sans avocat, après 4 jours d’enfermement. Un dernier a été libéré ce 21/11/2018 et un “pas de chance” reste détenu. Il refuse l’aide d’un avocat

M – récit des arrestations à Arlon dans la nuit du 13 au 14/11/18

Dans la nuit du 13 au 14 novembre, nous sommes montés dans un camion. Vers 6 heures du matin, le chauffeur s’est réveillé. Il a dû sentir notre présence parce qu’il a ouvert la porte et nous a trouvés. On est descendus et il a appelé la police.

On était quatre. On s’est enfoncés dans la forêt, là où on peut dormir. Deux sont restés un peu à l’arrière. Ceux qui dormaient déjà là n’ont pas senti quand on est arrivés. Quand les deux autres nous ont rejoints, ils nous ont prévenus que la police arrivait.

Quelqu’un a dit que ça ne servait à rien de courir et d’essayer de s’enfuir, que le problème resterait le même. Deux policiers sont arrivés, puis deux de plus et deux de plus, et ainsi de suite … La police a demandé à tout le monde de mettre ses chaussures. Ils nous ont répartis dans quatre fourgonnettes et trois voitures et nous ont emmenés jusqu’au comissariat d’Arlon.

Là, ils nous ont fouillés, puis mis en cellule par trois pendant trois heures. Chacun a reçu un numéro sur un bracelet accroché au poignet.

Quand un policier est venu, on a entendu quelqu’un qui frappait sur la porte d’une cellule. On a dit au policier que cette personne demandait de l’eau parce qu’elle avait un problème au rein. Le policier a répondu que dans 10 minutes, il pourrait sortir et boire.

Ils nous ont emmenés jusqu’au centre de l’aéroport dans un grand bus escorté entre deux voitures de police. Nous avons reçu une bouteille d’eau et un sandwich au fromage.

Au centre, ils nous ont à nouveau fouillés (en slip), puis remis en cellule par quatre. Une personne en civil parlait arabe. Elle a demandé nom et nationalité, puis elle m’a fait signer un papier. Je ne sais pas s’il était en français ou en néerlandais. J’ai signé sans demander ce qui était écrit. Celui qui parlait arabe m’a dit que c’était une simple formalité d’entrée dans le centre. Là aussi, un bracelet portant un numéro a été accroché à chaque poignet.

Après une heure environ, un policier est venu me chercher. Dans une salle, il a pris mes empreintes et une photo de moi. Puis, il a fait la même chose pour tous les autres.

Le lendemain, vers 11-12 heures, un policier nous a appelés, moi et un autre. Ils nous a dit : « Vous êtes libres. » Il a ouvert la porte du centre : « Au bout de la rue, à gauche, après une demi-heure de marche, tu trouveras la gare… » On a marché et on a pris le train pour rentrer à Bruxelles. D’autres qui ont été relâchés ensuite ont été déposés devant l’Office des étrangers.

LIBERTE DE CIRCULAION ET D’INSTALLATION POUR TOU.TE.S

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