Témoignage sur la grève de la faim au centre fermé à Merksplas

 Témoignage en Anglais d’un homme qui a participé à la grève de la faim en septembre 2013 au centre fermé de Merksplas

Greve merksplas

Donc, j’étais pendant 2 mois à Merksplas, et pendant ces deux mois, ce que j’ai vu, c’est un endroit qu’ils appellent centre mais c’est plus une prison, parce que nous n’avons aucun droit.

Vous ne recevez pas de bonne nourriture, le lieu n’est pas propre, les gens tombent malades. Beaucoup de gens tombent malades, ils vont chez le médecin et on leur dit qu’ils mentent et qu’ils doivent s’en aller. C’est toujours ce qu’ils disent et ils les rendent malades .

Il avait été  prévu que personne ne mange parce que la nourriture c’était juste du fromage et du pain. Parfois ils nous ont donné d’autres aliments, mais souvent la nourriture est froide, parfois sèche, impossible à manger, et parfois avariée.
Pour cette raison, tout le monde dans mon bloc a décidé de ne plus manger. Donc, 40 personnes ne mangent plus .  Nous en avons ensuite informé le directeur et il nous a envoyé la police. Ils nous ont dit si vous  ne mangez pas, je vais vous montrer comment on fait. La police a commencé à frapper les gens, ils ont battu deux personnes et les ont amenées au cachot .

J’ai dit au directeur que ce n’est pas bon ce que je vois ici, dans cette prison, si les gens posent des questions sur leurs droits, ils envoient la police.

Ce sont des choses que vous voyez au Nigeria, en Égypte, dans ce genre de pays. Nous sommes en Europe, ils appellent ça la démocratie, les droits humains, mais les gens ne peuvent pas demander quoi que ce soit .

Le directeur m’a demandé de faire une liste de ce que les gens veulent changer . J’ai dit OK, j’ai fait la liste et le lundi à 1:30 j’ai eu un moment avec lui, je lui ai donné la liste. Il me dit « qu’il n’est pas question de la liste, nous avons d’autres problèmes avec vous , vous devez aller au cachot parce que vous êtes le chef ».
Si les gens ne mangent pas, ils metteront tout le monde au cachot. Donc ils nous menacent avec ça.
Après deux jours en isolement, ils m’ont transféré au centre de Bruges.

Les gens tombent malades à cause du système , ce qu’ils font n’est pas pour vous détendre, s’ils peuvent vous expulser, ils vous expulsent, s’ils peuvent vous libérer, ils vous laissent libre.
Ils font tout pour nous fatiguer, ils font tout pour nous convaincre de retourner et nous faire dire qu’on veut retourner dans notre pays.

La politique du centre est qu’ils rendent les gens malades, ils rendent les gens fatigués. Le directeur m’a dit: « Vous, êtes des illégaux dans ce pays, vous n’avez pas de droits dans ce pays, vous ne pouvez pas demander quoi que ce soit dans ce pays ».

Ce que j’ai entendu du directeur n’est pas normal.

Quand vous leur demandez quelque chose, ils nous disent que vous parlez trop et que vous ne pouvez pas rester ici, dans ce lieu .
Même dans d’autres centres, quand les gens demandent pour leurs droits, ils les mettent en isolement .

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