Yassine a été expulsé et est arrivé à Casablanca ce 31/05/2017

Il a pu nous faire un bref appel à son arrivée à Casablanca et nous décrire son expulsion. Il a subi des violences graves lors de son embarquement: ficelé et menotté, comme lors de toute expulsion forcée, il a reçu des coups systématiques de son escorte. Au pied de l’avion il a demandé à parler au pilote de l’avion. Il lui a expliqué sa situation et a insisté sur le fait que son pays est la Belgique puisqu’il y est né. Le pilote n’a pas semblé l’écouter et ne lui a pas adressé la parole. Une fois dans l’avion il a crié et a essayé de demander de l’aide aux passagers, sans succès. Il a passé les 4h de vol avec les mains et les pieds attachés. Les policiers lui ont dit “si tu résistes on va pourrir ton dossier quand tu arrives au Maroc”, mais il croyait qu’il n’avait rien à craindre une fois arrivé puisqu’il n’avait rien à se reprocher.

Pourtant il a été maintenu pendant 48 heures dans un commissariat à Casablanca dans des conditions « aussi graves qu’en Belgique ».

Enfin libéré ce 02/06/2017, il nous téléphone :
Il est complètement déstabilisé : il crie au téléphone, pleure, exprime sa colère. Il  est persuadé que cette expulsion est illégale, il veut que l’Etat belge le rapatrie vers la Belgique immédiatement. Il demande de l’aide ( « faites quelque chose pour moi »). Il en veut au monde entier y compris à nous. Il nous dit: “je reviens, je suis plein de haine, je reviendrai donner une bonne raclée à l’Etat belge”.

Pendant sa détention dans le centre fermé de Merksplas (http://www.gettingthevoiceout.org/%ef%bb%bfcondamne-a-perpetuite/) il a exprimé haut et fort son appartenance à la société belge. Mais la prison, ainsi que les véritables tortures subies pendant sa détention en centre fermé et les  tentatives d’expulsion subies, l’ont déstabilisé au point qu’il a perdu tout contrôle de soi et qu’il sombre dans la folie (on l’espère temporaire). Yassine, déjà probablement fragile au départ, semble présenter un syndrome post-traumatique grave qui pourrait lui être fatal s’il ne reçoit pas d’aide de toute urgence.

Si la vie de Yassine est en danger, c’est parce qu’il a fait les frais de l’application à la lettre des nouvelles lois édictées dans un silence assourdissant, de mois en mois, par Theo Francken. Dans son cas, il s’agit de la loi concernant les personnes “criminelles” nées en Belgique, dont il faut “à tout prix se débarrasser” selon les propos de Theo Francken!!

Voilà le résultat : une atteinte grave et méchante à la liberté de … vivre. Nier l’humanité en enfermant et expulsant ne règlera pas les problèmes dits de “criminalité”.

L’effet boomerang

L’effet boomerang de ces politiques de rejet  se fait sentir déjà depuis plusieurs années et ne fera que s’amplifier si on continue à utiliser la violence et la répression afin de vider le pays de ses “criminels étrangers” et de contrôler les migrations, voire de les supprimer.
La Belgique comme l’Europe va continuer à encaisser ce qu’elle a semé : la haine!

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