Pétition citoyenne pour la démission d’Anneleen Van Bossuyt

Nous relayons ici la voix de militant·es qui sont impliqué·es dans le soutien aux luttes pro-palestiniennes.  Iels ont lancé une pétition pour réclamer la démission de la ministre de l’asile, de la migration et de l’intégration sociale Anneleen Van Bossuyt (N-VA). Cette pétition fait suite au traitement des personnes palestiniennes détenues en centre fermé, et suite au décès de l’un d’eux, Mahmoud F., en septembre dernier dans le centre fermé 127bis à Steenokerzeel.

Nous soutenons ces revendications. Nous réclamons la fermeture définitive de tous centres fermés, la libération de toutes les personnes qui y sont détenues, et la liberté de circulation et d’installation de toustes !

Signez la pétition : https://www.change.org/p/p%C3%A9tition-injonction-citoyenne-pour-r%C3%A9clamer-la-d%C3%A9mission-de-anneleen-van-bossuyt

Pour réclamer la démission de la ministre de l’Asile, de la Migration et de l’Intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt, et l’annulation des mesures et lois établies à son actif depuis le 3 février 2025.

Deux évènements clés : 

Le 7 octobre 2025, Mahmoud Farjallah, 26 ans, réfugié gazaoui militant, est décédé au centre fermé 127bis de Steenokkerzeel, centre jouxtant l’aéroport de Zaventem.

Le corps de Mahmoud est retrouvé par le personnel du centre fermé. Il est déclaré qu’il s’est donné la mort par pendaison. Aucun détenu ne peut confirmer cette version. Ils ont dû se battre, littéralement, avec le personnel de sécurité, afin de pouvoir voir le corps de leur compagnon pour lui rendre un dernier hommage. 

Avant d’être détenu dans ce centre, Mahmoud avait fait une overdose de Lyrica (prégabaline utilisée dans le traitement de l’épilepsie et des douleurs neuropathiques et connu pour être la drogue de nombreux réfugiés aux effets euphorisants et désinhibants) et l’Office des Étrangers étaient au courant de sa détresse toxicologique et psychologique.

Il fit alors plusieurs tentatives de suicide au centre fermé. La ministre et le personnel du centre nous affirment qu’ils ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour l’aider mais nous savons : qu’à chaque tentative de suicide il fut placé en cellule d’isolement ainsi que sédaté excessivement et que le seul accompagnement psychologique au 127bis est une psychologue fonctionnaire de l’Office des Étrangers souvent indisponible, proposant des consultations avec Google translate et conseillant de « jouer au billard » aux détenus pour solutionner des troubles post-traumatiques et des envies suicidaires. Le service médical et le service psychologique fournis dans les centres fermés sont grossiers et insuffisants. De nombreux détenus parlent de distribution excessive de médicaments aux risques d’addiction sévères, comme le Tramadol (analgésique opioïde) et le Lyrica.  Lorsque nous essayons d’amener des professionnels de santé de confiance et de qualité de l’extérieur, tels que des médecins de MSF, les visites sont entravées ou sabotées.

Note du service de santé mentale Ulysse sur les effets pathogènes des événements liés à la guerre et à l’invasion de Gaza sur les personnes originaires de Palestine présentes en Belgique (20 juin 2024) : « En novembre 2023, notre service a publié une lettre ouverte pour alerter les autorités de notre inquiétude quant à la détérioration flagrante de l’état psychologique des patients palestiniens depuis le début de la guerre. » « A l’époque déjà, nous mettions en avant la nécessité que des solutions soient urgemment mises en place aux niveaux de l’hébergement, de l’accompagnement psychosocial et du droit de séjour de ces personnes, conditions sine qua non pour que nous puissions accomplir nos missions de soin. » « Ces dernières présentent quant à elle les tableaux cliniques les plus graves et les plus inquiétants. Il est sérieusement à craindre une série d’effondrements psychiques, des décompensations d’ordre psychiatriques, des mises en danger et des passages à l’acte suicidaires. »

Deux jours, avant sa mort, Mahmoud fit une nouvelle tentative de suicide. Il fut comme à l’accoutumée, punit et placé à l’isolement. Il en sortit dans un état de stress et de panique alarmant selon ses co-détenus.

La ministre Anneleen Van Bossuyt, interpellée en commission de l’Intérieur à ce sujet par quatre députés, le 21 octobre 2025, affirme que « quarante “contacts” ont été enregistrés, dont dix consultations auprès du médecin du centre. ». Nous réclamons de ce fait les attestations médicales et rapports des contacts attestant de la véracité de ses propos.

L’Office des Étrangers a veillé à ce que les funérailles de Mahmoud Farjallah se déroulent le plus rapidement possible. Une autopsie aurait dû être faite pour contrôler le taux de médicaments présents dans son sang. Nous réclamons la vérité sur la mort de Mahmoud Farjallah par une action en justice. Que pouvons-nous attendre de l’enquête interne émise par l’Office des Étrangers ?

Le 14 octobre 2025, l’Office des Étrangers, durant la mobilisation nationale, est pris pour cible par des manifestants. La dialectique de la ministre Anneleen Van Bossuyt est celle d’une réaction sans cause: des « racailles » sont venues s’en prendre à ce bâtiment pour causer des destructions matérielles indignes. 

Ce jour-là la police avait été postée en force à l’Office des Étrangers et au centre fermé du 127bis car la ministre savait qu’elle serait visée et incriminée pour ces choix et acharnements ayant provoqué notamment la détention récente de nombres réfugiés gazaouis militants et la mort de l’un d’eux. 

Le surréalisme fut tel que Madame la Ministre mettra en place immédiatement une ‘cellule psychologique’ pour soutenir les employés présents ce jour-là dans le bâtiment mais ne fera rien pour accompagner psychologiquement les détenus du 127bis après le choc et le deuil causés par la mort de Mahmoud Farjallah. Elle fit même de la rétention d’information, mettant en danger la vie d’autrui, en niant aux journalistes la grève de la faim entreprise par certains des détenus.

L’étranger est déprécié et animalisé.

C’est la parole des détenus contre celle de la ministre et de l’Office des Étrangers. Le but est d’affaiblir et d’insécuriser les détenus pour rendre la déportation comme seule issue heureuse à leur situation.

Anas Hmam, réfugié marocain, prisonnier politique au centre fermé de Vottem, ayant subi de nombreux transferts, était codétenu de Mahmoud Farjallah et avait fait une alerte publique quant à la détresse de son compagnon « Le silence pèse lourd. Ce silence est une arme, c’est ce qui permet aux centres fermés d’exister. C’est ce qui permet aux expulsions de se faire dans l’ombre. » « Quand tu tombes malade, ce n’est pas un médecin qui t’attend, c’est l’indifférence. Quand tu t’effondres, quand tu veux en finir, ce n’est pas l’hôpital qui t’ouvre ses portes, c’est le cachot. Le cachot comme une réponse à la douleur. Le cachot comme punition de l’agonie : c’est ça le traitement inhumain qu’on réserve aux indésirables. »

Les représailles sur les détenus qui dénoncent sont immédiates : isolement, transfert vers un autre centre fermé, confiscation de téléphone, harcèlement, tabassage, privation de visite, attachés pieds et mains liés et nus pendant 24h, abus sexuels, négligences médicales volontaires et punitives, mauvais numéros d’identification sur les attestations médicales, attestations médicales au contenu minimisé ou mensonger pour entraver les procédures d’asile…

La ministre couvre ces pratiques : non-assistance à personnes en danger. Nous souhaitons que la lumière, les regards européens et internationaux se tournent sur les conditions de détentions en centres fermés en Belgique et ailleurs. Des enquêtes doivent être immédiatement ouvertes sur les méthodes utilisées, au degré de cruauté variant d’un centre à l’autre.

Nous demandons la fin de ce carnage et demandons réparation des préjudices moraux et physiques causées par la politique menées par la ministre Anneeleen Van Bossuyt, notamment par la libération des réfugiés gazaouis militants encore détenus, leur retour pour ceux déjà déportés en Grèce et l’acceptation immédiate de leur statut de réfugié en Belgique.

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