S, 16 ans, détenu au centre fermé de Bruges plutôt que protégé. 14/02/2022

Une nouvelle illustration de l’absence d’humanité d’une administration qui, trop souvent en silence, détruit des vies. Une administration qui, encore une fois, n’applique la loi que quand il s’agit de punir, d’enfermer, de déporter. Quitte à enfermer un mineur.

C’est le 10 janvier qu’un détenu du centre fermé de Bruges nous apprend avoir rencontré lors d’une “promenade” un jeune en grande souffrance. De ses dires ce jeune est un gamin. Algérien et né en 2006. Il a été arrêté début d’année à Ostende par la police. Sans papiers, ne s’exprimant ni en néerlandais ni en français et s’étant rebellé dans le commissariat, un policier décide de le qualifier de majeur et de lui attribuer arbitrairement un âge de 20 ans. Apeuré, seul, ne comprenant pas ce qui lui arrive, il accepte de signer les documents en néerlandais qu’on lui présente sans traduction. Parmi ces documents, une déclaration où il confirmera – en néerlandais – être né en 2002. Le piège s’est refermé, et l’adolescent, est  alors transféré par l’Office des Étrangers en centre fermé pour y être détenu en tant que majeur.

Arrivé au centre, déjà en grande détresse psychologique, S est mis en isolation médicale, n’ayant accès à l’air libre que 30 petites minutes par jour. Son téléphone ne lui est pas laissé, il n’y aura accès que selon la “bonne volonté” de la direction du centre. Confiné dans sa cellule, sans contacts, ne sachant communiquer avec le personnel, complètement isolé alors que déjà très perturbé, son état risque de se dégrader rapidement.

Invisibilisé par l’administration – qui préfère toujours cacher ce qui se passe dans les centres, et tout particulièrement les violences quotidiennes – il aura fallu, une fois de plus, le témoignage effaré d’un co-détenu pour que la situation scandaleuse de Sifo soit mise au jour.

Nous avons prévenu un avocat ainsi que le Kinderrechtenkommissariaat et le délégué des droits des enfants, en espérant faire respecter au plus vite le droit à la  protection du jeune S, qui commence par sa libération. Mais cela ne suffira peut être pas face à l’obstination, au racisme et  la mauvaise foi qui caractérisent une administration qui semble avoir perdu toute humanité, une administration psychopathe.

Ce 14/01/2022 nous apprenons que la direction du centre ont décidé de lui empêcher tout contact avec les autres détenus et il ne répond plus a son tél!

Il est plus que temps de fermer les centres fermés, et d’arrêter de rafler et d’enfermer des femmes, des hommes et des enfants tentant simplement, légitimement, d’améliorer leur existence. 

LIBÉREZ ce jeune !

Feu aux centres fermés !

Ce contenu a été publié dans Nouvelles des centres, Récits de luttes, Témoignages, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.