Ils m’ont cassé les chevilles.

Monsieur Mola Eddy, membre du MIRGEC a subit plusieurs tentatives d’expulsions violentes et a finalement été expulsé le 20 juin 2012. Il a à chaque fois été maltraité (appel lors de la tentative d’expulsion du 5 juin ici) par ses escortes Belges et plusieurs plaintes ont été déposées, ainsi qu’un communiqué du MIRGEC (Mouvement indépendant pour la reconnaissance du génocide congolais)  ici

Lors de l’expulsion du 20 juin il était accompagné de policiers Belges jusqu’à Kinshasa .

Durant l’escale en Nairobi il a fait une chute lors d’une altercation avec son escorte Belge. A son arrivée à Kinsahas il a été hospitalisé pour des fractures aux 2 pieds.

Ce 4 juillet il est toujours hospitalisé à Kinshasa, mais ne peut plus continuer son  interview car juge ne plus être libre de parler. Voici la première partie de l’interview et une photo à l’hôpital de Kinshasa qu’il nous a envoyé

Son témoignage ici:

Ils m’ont cassé les chevilles

Fichier à télécharger (clic droit – enregistrer sous)

Oui dites-moi. Comment ça s’est passé alors ?

À partir de l’avion, à l’aéroport, on va dans l’infirmerie pour manger d’abord avec le curé. Ils m’ont fait beaucoup de torture, de pressions. Et à l’avion, il y a la dame, une dame là qui m’a étouffé, qui m’a bloqué au niveau de la colonne vertébrale et du cou. Elle m’a poussé la tête contre le siège. Je ne pouvais pas respirer.
Après, ils ont enlevé leurs menottes, on est arrivé à Bujumbura vers 20h.

Moi j’ai dit non, je ne voulais pas rentrer mais ils ne voulaient pas. Arrivé une fois à Kenya, j’ai eu encore des problèmes avec des bagarres, c’était une partie de catch, alors moi je ne voulais pas. Au moment où je suis passé comme ça pour m’enfuir, ils m’ont bloqué les côtés, j’ai glissé dans les pavés dans le tarmac, je me suis facturé les deux pieds au niveau des chevilles. Normalement je devrai comparaître le 21 au tribunal mais ils sont venus plus tôt me prendre.

Mais ils sont venus vous prendre avant ça en fait ils sont venus vous prendre la veille de votre comparution au tribunal?

Ouais ouais ils ont dit on s’en fout de ça, on ne connait pas ça. Moi j’ai dit non, mon avocat doit me parler. Mais ils m’ont privé de mon téléphone, ils m’ont bloqué.

C’est à l’aéroport de Bruxelles ou à Kinshasa qu’ils vous ont tabassé ?

C’est à l’aéroport de Bruxelles.

Sur le tarmac de Bruxelles, c’est là qu’ils vous ont cassé les jambes.

Non au tarmac de Nairobi.

Ah de Nairobi.

C’était des policiers...

C’est par des policiers belges. Ils étaient 4 avec une femme. La femme m’a traité de de macaque, d’esclave, comme un criminel.

Donc vous avez pris un avion de Bruxelles à Nairobi et de Nairobi à Kinshasa ?

De Bruxelles à Bujumbura, de Bujumbura à Nairobi, de Nairobi à Brazzaville, de Brazzaville à Kinshasa

Et de Nairobi à Kinshasa vous aviez les jambes cassées ?

Oui oui.

Ce contenu a été publié dans Témoignages, avec comme mot(s)-clef(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.