Situation des mal nommé.e.s «Transmigrant.e.s » dans les centres fermés [05/04/2019]

Situation des mal nommé.e.s «Transmigrant.e.s » dans les centres fermés [05/04/2019]

Il est à nouveau observé que dans les centres fermés, certains assistants sociaux (AS) jouent de leur influence pour décourager les détenu.e.s de signer des prises en charge par les avocats, leur promettant une libération rapide « si ils/elles ne prennent pas d’avocats »
Ceci empêche un “recours en extrême urgence” qui dans la majorité des cas permet leur libération.
Remarque d’une avocate : « le fait de prendre un avocat ne peut nullement retarder le processus de libération de vos amis. Il s’agit d’une fausse rumeur qui circule. Les AS promettent parfois une libération afin qu’ils ne prennent pas d’avocat mais le délai de recours court entre-temps. A mes yeux, il s’agit d’une réelle entrave à l’accès à la justice. »

Le but de cette démarche de l’office des étrangers est de les maintenir en détention afin de les expulser. Après cette période de 5 ou 10 jours où un recours en extrême urgence est possible, les avocats et les détenu.e.s se retrouvent dans des situations inextricables où au niveau juridique peu de choses sont encore possibles, et cela devient alors un vrai parcours du combattant pour les libérer ! Le détenu.e risque alors de resté enfermé.e pendant des semaines voir des mois avant d’être in fine, dans la majorité des cas, renvoyé.e.s vers leur pays Dublin ou leur pays d’origine !

Des pressions particulières avec menaces d’expulsion sont subies par certaines nationalités ces mois ci :

-Une vingtaine de Palestiniens ont été arrêtés à l’office des étrangers ou dans leur centre ouvert et enfermés avec menace de renvoi vers leur pays Dublin, ici l’Espagne.
-Plusieurs Soudanais sont maintenus en centre fermé depuis plusieurs semaines avec menace de retour au pays.

Et l’office des étrangers a osé : Un Érythréen a subi une première tentative d’expulsion vers Asmara, Érythrée suite à une réponse négative de sa demande d’asile ! Il a refusé à l’aéroport cette expulsion, suite aux conseils d’une hébergeuse (voir aussi nos conseils ici : http://www.gettingthevoiceout.org/comment-arreter-une-expulsion/). Il était très mal défendu par une avocate fantôme. Une nouvelle avocate a repris le dossier.

Notre bilan ce 05/04/2019 sur base des informations reçues des avocats et des hébergeurs:

Février : 82 arrestations
11 ont été libéré.e.s sans l’aide d’ un avocat dans les jours qui suivent leur arrestation
47 ont été libéré.e.s suite à l’introduction d’un recours en extrême urgence par un avocat
17 sont toujours en centre ce 05/04, dont une majorité avaient refusé le recours en extrême urgence
7 ont été expulsé.e.s vers leur pays Dublin dans le courant du mois de Mars
Une dame arrêtée en décembre a été expulsée vers le Ghana au mois de Février

Mars : 85 arrestations
7 ont été libéré.e.s sans intervention d’un avocat dans les jours qui suivent leur arrestation
47 ont été libéré.e.s suite à l’introduction d’un recours en extrême urgence par un avocat
31 arrêté.e.s en mars sont toujours emprisonné.e.s ce 05/04 dont 11 qui ont refusé l’aide d’un avocat pour le recours en extrême urgence.

Au vu de ces chiffres, nous ne pouvons que conseiller à nos amis enfermés de prendre très rapidement (dans les 5 ou 10 jours selon leur dossier) un BON avocat (!!certains AS essaient parfois d’imposer des “avocats fantômes”!!) que nous pouvons conseiller (gettingthevoiceout@riseup.net).

Michèle et Franck, référents centres fermés et gettingthevoiceout

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