7 avril 2020 – Communiqué de presse des collectifs CRER et Getting the voice out

Covid-19 : désastre sanitaire dans les centres fermés, une libération est nécessaire

Non-respect des mesures sanitaires préconisées, mise au cachot des personnes avec symptômes, détresse psychologique des détenu·e·s, etc. Face à la pandémie, la situation dans les centres fermés se dégrade de jour en jour.

Critiquée au niveau international, la détention de personnes migrantes alors que le Covid-19 n’a pas encore atteint son pic en Belgique, révèle une politique sanitaire à deux vitesses. Depuis le début du lockdown, de nombreux·ses détenu·e·s font quotidiennement remonter les innombrables manquements aux mesures de sécurité dans les centres fermés.

La distanciation sociale est impossible, les espaces de vie collectifs sont utilisés comme auparavant, le personnel entre et sort en poursuivant ses activités sans gants, sans masque, sans maintenir la distance nécessaire, les médicaments sont donnés de la main à la main. Une membre du personnel du centre fermé Caricole se serait mise à fabriquer elle-même des masques de protection.

“Vingt personnes vivent dans ce bloc, en promiscuité. Rien n’est fait pour nous protéger du virus, on mange et joue ensemble, on touche les mêmes portes et on fume dans la même pièce. Il y a beaucoup d’allées et venues de travailleurs. Personne ne porte de masque et il n’y a pas de tests de dépistage du virus” alerte un détenu.

Au centre fermé de Merksplas, un homme dont la température atteignait 39 degrés a été isolé pendant 5 jours non pas dans une pièce dédiée aux soins médicaux mais au cachot, lieu de punition et de sanction où se retrouvent également les personnes qui expriment leur mécontentement face à la situation. De l’Ibuprofène est distribué aux personnes ayant de la fièvre alors que ce médicament est fortement déconseillé à l’extérieur car il favoriserait le développement du virus.

Face à l’enfermement et aux violences accrues, de plus en plus de détenu·e·s sont fragilisé·e·s et développent des symptômes post-traumatiques et psychosomatiques : aménorrhées ou règles abondantes pour de nombreuses femmes enfermées au centre fermé de Holsbeek, vomissements, maux de tête ou douleurs traumatiques, dépressions graves, voire symptômes de dépersonnalisation. Certaines personnes en viennent à retourner ces violences contre elles-mêmes et une recrudescence des automutilations est constatée.

Les témoignages issus de tous les centres fermés belges que reçoit Getting the voice out font état de l’abandon structurel des autorités et du traitement discriminatoire que subissent comme toujours les personnes privées de liberté. Pour le collectif Getting the voice out, la fermeture des centre fermés est plus que jamais indispensable en cette période de pandémie et même au-delà. Les détenu·e·s doivent être libéré·e·s et doivent pouvoir accéder à des traitements et un logement dignes.

Collectifs CRER et Getting the voice out

Contact : gettingthevoiceout@riseup.net

Mise en relation avec détenu·e·s possible

www.gettingthevoiceout.org

Art RTBF 09/04/2020 avec vidéo sorties du centre : ICI

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